3. juil., 2018

Les consciences

Mon esprit a changé .

J'ai une très bonne mémoire de mes états de consciences différentes , voire d'inconscience , je me souviens de toutes mes manies , de leurs repères ,  je ne sais pas si c'est le cas de tous les bipolaires, mais avec ma compréhension toute personnelle de la maladie et donc la résilience qui  a suivi , je me suis enrichie ;  je me sens capable de réfléchir davantage . Ma conscience n'est plus une leçon apprise , elle a dépassé le stade de l'éducation et même des acquis séculaires . ( Je dis ça ,  parce que je pense que le premier homme devait se trouver dans un état d'inconscience certain , et que je connais bien ce phénomène .)

Je suis pourtant convaincue du bien fondé de la conscience commune , c'est le résultat de la confrontation des égos individuels entre eux, et le choix plus ou moins forcé d'une base de conscience équitable pour tous, qui avance encore tous les jours vers plus d'humanité , quoiqu'il y ait encore beaucoup de travail , cette base nous protège déjà pas mal , notamment de la folie individuelle . 

Voilà pourquoi, il est si difficile de travailler sur la folie, elle fait peur, et à juste raison, pourtant, elle m'est familière maintenant , je connais bien la mienne , je sais que je désire le bonheur pour tous , ça parait bisounours , mais il faut s'en méfier , car mon cerveau inconscient peut très bien "inventer" un stratagème complètement déjanté pour parvenir à l'Eden de ses rêves. Il l'a déjà prouvé ... Quand j'ai pris un rond point en sens inverse ..Ou quand j'ai fait des zig zag sur l'autoroute ..... ( Actes dangereux que je réprime pour toujours avec mon traitement )  Défi ? Pari ? Comment nommer celà ? Une espèce de challenge ? En tout cas, c'était , dans mon inconscience du moment , la seule solution pour sauver le monde, le moyen qu'avait trouvé mon inconscience pour parvenir à son rêve . Pour moi, l'inconscience n'a aucune idée des bases de conscience de notre monde, car, elle n'est pas faite pour sortir au grand jour, elle doit être maintenue par notre conscience dans notre cerveau pour y jouer son rôle grandiose du tout possible , à la fois protecteur et destructeur . Evidemment, quand j'ai pris ce rond point en sens inverse, je n'ai pas vu le danger, pas pensé que je pouvais tuer des gens, des enfants, car l'inconscience ne sait pas ça, elle ne connait pas les voitures, les ronds points, elle ne connait même pas l'autre, c'est un pur égo, une individualité qui échappée du bocal, s'affole et cherche tous moyens pour arriver à ses fins, son but caché , qui change en fonction de la profondeur de l'inconscience remontée. Alors, elle fait ce qu'elle sait faire, penser , et elle imagine, elle joue avec ses propres règles, ses chimères, ses émotions, elle invente un moyen de règler rapidement et définitivement ses problèmes, elle croit pouvoir tout résoudre par la pensée car elle ne connait que ça, elle n'est pas faite pour notre monde concret .

J'ai eu de la chance, ( et pas que moi ) je n'ai tué personne, ( mes capacités en pleines manies sont décuplées,mes réflexes très augmentés )  heureusement, jamais je n'ai eu d'idée de meurtre , mais ? Aussi, je prends mes 7,5 mg d'abilify tous les jours, en pensant à ça, et c'est motivant, croyez moi . 

Pourtant, je me relève, je sais que c'est à cause de ma vision de la bipolarité de type 1, je crois comprendre son mécanisme et ça me rend forte, adhérente au traitement qui maintient l'inconscience , et j'ai l'impression d'être une personne complète, entière, pour me connaitre vraiment, avoir exploré mon être, mes forces et  mes défaillances.

Je sais le risque que je prends à me dévoiler ici, je sais que malgrè mon anonymat on peut me retrouver si je deviens un danger d'autant plus que je suis infirmière ...

Ne prenez pas cette peine, je connais mieux que vous le danger que je suis succeptible de créer à autrui . Je sais combien l'inconscience est trompeuse, je n'ai plus aucune raison de m'y aventurer , j'ai toutes mes informations sur la mienne, je ne regrette pas les expériences que j'ai faites parce que leurs dénouements furent heureux  et lourds d'enseignements .

Justement je me dois un devoir de mémoire , en regard des risques encourus de cette expérience hors norme . Pour mettre en garde les malades contre leur inconscience qui peut nuire  même si ses intentions sont louables à cause de son inaptation au monde ! Mais en même temps , je veux les louanger, leur rendre leurs estimes car ils sont , à mon avis des pionniers du cerveau inconscient . Ils voguent dans une jungle spirituelle dangereuse à la recherche d'un équilibre mental capital a leur bonheur , c'est hyper difficile.... Presqu'impossible..... D'autant, que c'est interdit , à juste raison , puisque non encadré , mais comment pourrait on accompagner chaque malade mental à la recherche de son être ? Humainement et financièrement ? Quand des enfants meurent de faim à nos portes ? 

Le malade mental est seul , je veux rompre un peu cette solitude mais, il ne faut pas se leurrer : s'il ne  peut même pas se fier à lui même sans traitement,  il ne peut se fier qu'à lui, pour trouver sa voie. Et sans estime , il ne peut y arriver ; Il faut revoir sa vision de la maladie et c'est ce que je lui propose ici ; Ensuite, il pourra trouver le traitement optimun avec son psychiatre , celui qui maintient son inconscience sans tuer sa passion de la vie . C'est toute une philosophie que je prétends expliquer ici, je veux épargner les souffrances que j'ai eues à me l'enseigner à moi même ...  

 

Le monde n'est pas prêt ; il est trop jeune, il lui faudra encore des " siècles " avant de pouvoir travailler sur la folie, il lui faut d'abord nourrir ses enfants affamés ? C'est pourquoi je me livre peut être en pature à des vaches bien pensantes et convaincues ( humour ), mais avec la volonté d'apporter mon expérience à  la connaissance du cerveau inconscient et de la bipolarité .

PS : Je dois apporter une rectification, ( pour être juste et par respect pour le travail des 2 psychiatres qui m'ont soignée ), j'expose ici les seules fois ou j'ai pu être potentiellement dangereuse pour autrui, sur la voie publique, mais je me souviens avoir roulé à vitesse réduite dans le rond point et avoir fait très attention pour éviter la collision sur l'autoroute. Mes réflexes étant décuplés . Je ne veux pas cautionner cette conduite à risques , je la condamne et la déplore mais je veux dire que même en état de manie , je respecte la vie d'autrui . C'est surement ce qui m'a permis de garder mes acquis sociaux , notamment mon métier d'infirmière . Vous dire pourquoi , je n'en sais rien, des bases éducatives incrustées ? Un amour du prochain certain et profond  ? Faudrait demander à  un psychiatre .....