Mon incompétence me travaille, c'est à dire, les fois ou je n'ai pas su sauver un malade . C'est pour ça que j'arrête mon blog, pour être plus présente dans la vie, me documenter davantage sur internet, m'occuper plus de moi, malades, amis, famille .
 
Mais j'ai encore quelque chose à dire, qui va m'aider beaucoup , je crois, à être plus compétente .
 
 
Je l'appellerai " la torture du soignant " .
 
 
Quand on s'attache trop aux gens, notre inconscient pourrait vouloir  la mort du patient car on réfléchit avec ses propres désirs et on pense parfois que la vie du patient ne vaut pas le coup ou qu'il va souffrir d'une manière ou d'une autre et parce que l'inconscient n'a pas la même compassion que la conscience . ( L'inconscient plus profond peut aussi négliger complètement la vie du patient ......)  Ainsi, on peut devenir incompétent . Jusqu'à choisir le moyen de mourir, plutôt rapide par ex si le patient est condamné ..( pas en tuant bien sur, mais en n'intervenant pas sur un signe avant coureur ) . Est ce vraiment alors de l'incompétence quand c'est complètement inconscient ? Qui a t-il là dessous ?
 
Il se pourrait que la conscience soit alors diminuée au bénéfice de l'inconscience . Ceci expliquerait les erreurs impardonnables que l'on peut commettre en tant que soignant , qui sont incompréhensibles au vu de nos connaissances .
 
Notre conscience n'est elle pas rétrécie par notre inconscience ? Nous luttons contre la mort, avec une conscience forte de ses connaissances, mais notre inconscience ou notre inconscient qui fait fi de la mort lui , n'a t-il pas un droit de véto sur notre conscience ? 
 
 L'inconscience du malade a t-elle vraiment les mêmes désirs que sa conscience ? N'y a t-il pas une communication entre l'inconscience du malade et la nôtre ? Il pourrait y avoir un complot d'inconscience contre nos consciences, qui les aveugle .

 

 
 
Ce que j'ai dit ici, semble très grave, mais en fait, ce ne sont que des suppositions, si j'ai été incompétente, c'est bien malgrè moi, la torture du soignant comme je l'appelle est quelque chose de totalement inconscient, alors ? Est ce une torture ? Seulement, si on y songe .... A vrai dire, je dois penser trop ! Si seulement , c'était toujours juste....Je cherche la justesse de la parole , c'est un peu fou d'y croire, mais elle existe quelque part , si on ne la cherche pas, on ne la trouvera jamais . 
 
 
Si , on suit mon raisonnement dans ce blog, notre inconscience régit notre santé à travers notamment notre immunité ,donc si le malade est malade, c'est bien un désir suicidaire ou une faiblesse de notre inconscience . Pour x raisons individuelles , l' inconscience du malade a pris le chemin vers la mort avec ou sans sursis et nous, soignants nous voulons contrer celà . Nous ne pouvons le faire que si notre conscience est forte de ses connaissances professionnelles et non assujettie à notre propre inconscience ou à l 'inconscience du malade. Sinon, elle commettra des erreurs pour les consciences, qui ne seront en fait que des directives existentielles des inconsciences .
 
C'est ardu, je ne sais pas si je m'exprime correctement, en fait, je déculpabilise certaines erreurs médicales car je crois qu'elles sont commanditées par des raisons supérieures inconscientes .
 
J'ai bien dit que les institutions de vie ou de mort étaient en nous, que si l'inconscience souffrait trop, elle ne maintenait plus son rôle de protecteur sanitaire. Et, nous soignants , nous luttons contre cette force inconsciente si puissante . Sommes nous de taille ? Il y a parfois des ratés .... parce que nous aussi avons une inconscience . Et qui nous dit qu'elle ne correspond pas avec celle du malade ? Oui, elle pourrait avoir sa volonté propre, elle en a bien une quand elle surgit au travers de la conscience en manies ou bouffées délirantes .
 
 
A nous, soignants, il faut une conscience très forte, de connaissances  mais aussi il nous faut rester concentré sur notre but de lutte contre la mort, sans "écouter" le langage de l'inconscience qui pourrait nous détourner de ce but . 
 
Nous luttons contre le destin, et nous sommes tous différents, certains sont plus sensibles à l'inconscience que d'autres qui sont eux des bêtes de conscience et donc de compétences . Ces deux mondes ne tirent pas forcément dans le même sens ..... Leurs raisons ne sont pas les mêmes . Celle de la conscience a pour maitre la raison commune, acquise depuis des siècles ( intersection de toutes les subjectivités ) , elle est évidente, visible, base de notre conscience ordinaire . Celle de l'inconscience nous échappe, elle parait folle, inadaptée, meurtrière, elle est sauvage, indomptable,mais elle suit sa raison subjective,qui est si difficile à comprendre mais qui doit exister pour former le magma de l'individualité .